- Guide des plantes
Artichaut (Cynara scolymus L.) : propriétés et bienfaits
L’artichaut est utilisé depuis l’Antiquité pour ses vertus digestives (stimulation de la bile, protection du foie) et diurétiques. Des études récentes confirment ses bienfaits pour la digestion, la réduction du cholestérol, et la détoxification du foie, grâce à des composés comme la cynarine. Il est disponible sous plusieurs formes (tisane, gélules), mais son usage prolongé est déconseillé et il présente quelques contre-indications (allergies, obstruction biliaire).
Ce qu’il faut retenir…
Dans le cadre d’une phytothérapie clinique intégrée dans une réflexion endobiogénique, l’Artichaut :
-
- exerce son action au niveau pharmacologique direct : sur les sphères hépatorénale et métabolique ;
-
- n’a pas d’action neuroendocrinienne directe connue.
A. Usages traditionnels de l’Artichaud
Depuis l’Antiquité, l’artichaut est reconnu pour ses qualités alimentaires et médicinales. Ses feuilles, utilisées en infusion ou en décoction, étaient déjà appréciées pour leurs propriétés cholérétiques (favorisant la sécrétion de bile) et diurétiques. Au fil des siècles, son usage s’est affiné : au Moyen Âge, il devient un remède de choix pour soigner les affections du foie et de la sphère hépatobiliaire, tandis qu’à la Renaissance, on lui attribue des vertus apéritives, dépuratives et toniques, tout en le considérant comme un légume de luxe.
Au XVIIIe siècle, les médecins le recommandent pour lutter contre la jaunisse, les ictères et l’hydropisie, des troubles souvent liés à une mauvaise élimination des toxines. Plus tard, au début du XXe siècle, des praticiens comme Brel et Leclerc confirment son efficacité : il éclaircit le teint, stimule l’appétit, et agit comme un laxatif doux et un diurétique naturel, particulièrement bénéfique pour les personnes souffrant de troubles hépatiques. Leclerc va même jusqu’à décrire son action comme un véritable « essorage de l’éponge hépatique », soulignant son rôle dans la détoxification du foie.
Au-delà de ses bienfaits digestifs, l’artichaut a aussi été utilisé pour soulager d’autres maux, comme la constipation, la goutte, les rhumatismes, les calculs rénaux et biliaires, ou encore les œdèmes. En application externe, ses propriétés apaisantes en font un allié contre certaines affections cutanées, telles que les prurits infantiles, l’urticaire, l’eczéma, et même les pédiculoses (poux et morpions).
Ainsi, l’artichaut s’impose comme une plante aux multiples facettes, alliant saveur et bienfaits pour la santé, tant en usage interne qu’externe. Son histoire, riche de plusieurs siècles de pratiques thérapeutiques, en fait un remède naturel toujours d’actualité.
B. Données expérimentales et cliniques issues directement de la pharmacologie
Tropismes principaux : sphère digestive (hépatobiliaire) et métabolique.
Tropisme secondaire : sphère rénale.
1. Sphère digestive
Propriétés cholérétique et cholagogue
L’activité cholérétique d’un décocté à 3 % d’Artichaut a été reconnue dès 1929 par un élève de Leclerc.
Dans les années 1950, des études ont montré que l’administration orale d’acide chlorogénique chez le rat stimule la cholérèse et l’activité péristaltique de manière dose-dépendante, et qu’une administration intraveineuse unique de cynarine augmente l’écoulement de la bile ainsi que l’excrétion biliaire du cholestérol
Cette activité préalablement attribuée à la cynarine et l’acide chlorogénique sera plus tard affiliée à la présence nécessaire du totum acides-phénols/acides-alcools. En effet, d’autres études plus récentes montrent que la cynarine et l’acide chlorogénique, administrés seuls, n’induisent pas l’action recherchée.
Des extraits hydro-alcooliques de feuilles fraîches administrés par voie intrapéritonéale chez le rat stimulent la cholérèse, augmentent le résidu sec biliaire et la sécrétion des cholates totaux ainsi que la motilité gastro-intestinale après administration intra-gastrique,
Une augmentation du flux biliaire ainsi qu’une stimulation de la formation des composés biliaires (acides biliaires totaux, cholestérol, phospholipides) sont obtenues chez le rat après administration unique ou répétée.
L’activité sur l’écoulement de la bile et la protection hépatique observées chez le rat après administration per os de divers extraits de feuilles semblent liées à leur richesse en composés phénoliques, et une corrélation existe entre l’activité antioxydante mesurée in vitro et les résultats observés in vivo.
Les propriétés cholérétiques ont également été mises en évidence chez l’homme après une administration intra-duodénale unique d’extraits de feuilles chez des patients souffrant de désordres métaboliques aigus ou chroniques.
Par ailleurs, un extrait aqueux de feuilles ajouté in vitro à des hépatocytes de rat prévient l’effet cholestatique (distorsion des membranes canaliculaires) induit par le taurolithocholate.
Activité amphocholérétique
Des expérimentations chez le rat ont montré que le mélange des acides-alcools et des flavonoïdes se comporte comme un régulateur de la cholérèse.
Propriétés antidyspepsiques
Plusieurs études en double aveugle versus placebo menées sur des patients souffrant de dyspepsie fonctionnelle ont montré que l’administration quotidienne de 1 à 6 capsules contenant 320 mg d’un extrait sec de feuilles pendant 6 à 8 semaines induit une réduction significative des symptômes ressentis par les patients (douleur abdominale, météorisme, nausées, vomissements) et une amélioration globale de la qualité de vie, sans apparition d’effets indésirables notoires.
Activité sur le syndrome de l’intestin irritable
Au cours de diverses études chez des sujets dyspepsiques souffrant du syndrome de l’intestin irritable, on observe après 2 mois de traitement par des extraits de feuilles une réduction significative de l’incidence de la maladie rapportée par les patients dans 26,4 Oh, avec diminution des épisodes alternés constipation/diarrhée, amélioration des symptômes de dyspepsie (baisse du score NDI de 41 %) ainsi que de la qualité de vie globale (20 %).
2. Sphère métabolique
Propriétés hépatoprotectrices
Le potentiel hépato-protecteur de la plante a été mis en évidence après intoxication induite par du tétrachlorure de carbone in vitro sur hépatocytes de rats traités par de la cynarine ou de l’acide caféique, et in vivo chez le rat après administration d’un extrait brut par gavage, entraînant une di minution significative des taux de transaminases, de bilirubine libre et de glutathion. Une régénération significative des tissus hépatiques est observée chez le rat hépatectomisé après 3 semaines d’administration orale d’un extrait aqueux de feuilles déprotéinisé, et chez l’homme après une hépatectomie partielle et un traitement par des extraits totaux de feuilles ou leurs constituants.
Un extrait de feuilles a révélé son potentiel hépatoprotecteur chez des rats soumis à une intoxication au paracétamol via ses propriétés antioxydantes et anti-apoptotiques, mais également chez une patiente ayant développé une hépatotoxicité après une prise de 150 mg de fluconazole, 10jours après traitement par de la méthylprednisolone, et pour laquelle la consommation d’une tisane de 30 mg de feuilles d’Artichaut 3 fois par jour a permis une baisse des taux de bilirubine dès la fin de la première semaine et une normalisation des fonctions hépatiques en 2 mois,
Propriétés antioxydantes
L’activité cytoprotectrice de la plante est également corrélée à ses capacités antioxydantes.
Un extrait aqueux de feuilles inhibe de façon dose dépendante la peroxydation lipidique et prévient la perte de glutathion intracellulaire induite par le t-butyl-hydroperoxyde dans des cultures d’hépatocytes de rat in vitro. Les effets antioxydants seraient principalement dus aux acides caféique et chlorogénique, à la cynarine et au cynaroside qui réduisent la production de malondialdéhyde dans les cellules.
In vitro sur des cellules endothéliales, monocytes ou leucocytes humains soumis à des agents générateurs de stress oxydatif (médiateurs de l’inflammation, TNF, LDL oxydées, LPS), on observe une inhibition de la production de radicaux libres oxygénés et du stress oxydatif intracellulaire chez tes cellules traitées par des extraits aqueux ou éthanoliques de feuilles ou par des molécules isolées tels la cynarine, les acides caféique et chlorogénique ou la lutéoline. Les concentrations efficaces des extraits, de 25 à 100 ILg/mL, sont inférieures au seuil de cytotoxicité de 1 mg/mL et le potentiel réducteur protecteur est dose-dépendant. On observe également une inhibition dose-dépendante de l’activité de la chaîne respiratoire mitochondriale dans des mitochondries d’hépatocytes de rat traités par des extraits de la plante. In vivo chez le rat diabétique, une administration orale quotidienne durant 3 semaines de 200 mg/ kg d’un extrait de feuilles contenant 1,5 % d’acide caféoylquinique, 0,3 % d’acide chlorogénique et 0,15 % de lutéoline-7-glucoside (flavonoïde majoritaire) diminue les principaux marqueurs de stress oxydatif. Les flavonoïdes possèdent une forte activité anti-radicaux libres, comme la lutéoline-7-glucoside, majoritaire dans les extraits de feuilles et qui retarde l’oxydation des LDL humaines médiées par le cuivre.
De faibles concentrations d’extraits de feuilles d’Artichaut préviennent tes altérations du génome chimiquement induites dans des cellules de mammifères, vraisemblablement en tien avec la teneur en composés antioxydants de la plante.
Propriétés hypocholestérolémiantes
Une inhibition dose-dépendante de la biosynthèse du cholestérol par inhibition de I’HGM-CoA réductase (80 % d’inhibition à 1 mg/mL), principalement due au cynaroside et à son aglycone la lutéoline, est observée in vitro dans des hépatocytes de rat traités par un extrait de feuille. L’administration orale de 2 fois 250 mg de cynarine par jour pendant 50 jours chez des patients dyslipidémiques induit une réduction de la cholestérolémie et du poids corporel.
Ce potentiel hypocholestérolémiant (diminution du taux de cholestérol sérique total) a été observé chez l’homme au cours de plusieurs études versus placebo chez des sujets présentant une hypercholestérolémie Légère à modérée, après traitement quotidien par des extraits de feuilles pendant plusieurs semaines.
Chez des patients présentant une hyperlipoprotéinémie, l’administration quotidienne d’extrait sec de feuilles pendant 6 à 8 semaines conduit à une augmentation du HDL-cholestérol, une réduction du cholestérol total de 18,5 %, du LDL-cholestérol de 22,9 %, des ratio cholestérol total/HDL-cholestérol et LDL-cholestérol/HDL-cholestérol de 20,2 % comparé au placebo. Aucun effet indésirable n’a par ailleurs été observé.
Des résultats similaires sont obtenus après 6 mois d’administration quotidienne de 4 à 6 capsules contenant 320 mg d’extrait sec de feuille avec diminution des taux de cholestérol total (10 à 18 %) et de triglycérides, une diminution du LDL-cholestérol (15,8 %) et une augmentation du H DL-cholestérol (6,3 %), et confirmés par d’autres études cliniques plus récentes.
Propriétés hypotriglycéridémiantes
Un extrait méthanolique de feuilles d’Artichaut, dont les composés actifs sont des sesquiterpènes (cynaropicrine, aguerine B et grosheimine) et des glucosides de sesquiterpènes (cynarascotosides A, B et C), a supprimé l’augmentation des triglycérides sériques chez des souris gavées à l’huile d’olive. L’inhibition de la vidange gastrique est en partie impliquée dans cet effet anti-hyperlipémiant. La cynarine administrée chez le rat par voie intraveineuse diminue l’augmentation induite des taux sériques de lipides totaux et d’acides gras estérifiés
Concernant le mécanisme d’action anti-lipémiant, des expériences portant sur l’incorporation d’acide palmitique radioactif dans tes lipides sériques et les tissus graisseux après administration d’extraits de la plante montrent qu’il serait associé à une activation de l’oxydation des lipides dans l’organisme.
Propriétés antiathérogènes
Chez des rats soumis à un régime athérogène, un extrait sec de parties aériennes administré pendant 120 jours diminue l’augmentation des taux de cholestérol sérique et hépatique et prévient l’apparition des plaques d’athérome.
Propriétés hypoglycémiantes
Malgré plusieurs observations cliniques chez l’homme suggérant la capacité de l’Artichaut à diminuer la glycémie postprandiale, peu d’études se sont attachées à montrer les potentiels effets antidiabétiques de la plante. Une étude menée sur des rats normaux et obèses, traités par une dose unique de 500 à 1500 mg/kg par gavage d’un extrait purifié de sommités fleuries (dénué de fibres) une heure avant mise à disposition d’une quantité fixe de nourriture, a permis de confirmer une diminution significative de la glycémie postprandiale chez les deux lignées de rats, non imputable aux fibres car l’extrait n’en contenait pas.
Certaines observations en faveur d’une activité antidiabétique ont été faites in vitro sur des cellules traitées par des extraits de feuilles d’Artichaut : une augmentation significative (x4) de l’adipogenèse dans des adipocytes contre 0-8 avec la rosiglitazone et une inhibition de 30 % de l’activité G6Pase (enzyme régulatrice de la néoglucogenèse) contre 60 % avec l’insuline dans tes hépatocytes, signes caractéristiques de la résistance à l’insuline observés dans le diabète de type 2.
3. Autres propriétés
Diurétique
La cynarine (50 à 250 mg/kg) stimule la diurèse et augmente l’excrétion urinaire de sel et d’eau.
Anti-infectieux
Après isolement des composés phénoliques contenus dans un extrait butanolique de feuilles possédant une activité antimicrobienne in vitro sur des bactéries, levures et champignons, l’acide chlorogénique, la cynarine, et tes flavonoïdes tutéoline-7-rutinoside, et cynaroside ont montré l’activité la plus élevée avec des CM1 comprises entre 50 et 200 μg/mL.
Potentialisation d’un traitement antipaludéen : dans une étude en double aveugle versus placebo, du jus de feuilles d’Artichaut frais administré en complément d’un traitement par la quinine a permis une amélioration plus rapide des symptômes cliniques chez des patients atteints de paludisme, effet attribué aux propriétés hépato-protectrices de la plante.
Détoxication
Les propriétés chélatrices d’un extrait hydro-alcoolique de feuilles protègent des rats contre une intoxication au plomb avec une activité similaire à celle de la vitamine C.
Vieillissement cutané
La cynaropicrine, lactone sesquiterpénique, prévient in vivo chez la souris le processus de photo-vieillissement de la peau dû à l’hyperprolifération des kératinocytes et des mélanocytes, par un mécanisme d’inhibition de la transcription (médiée par le NF-KB) du facteur de croissance du fibroblaste (bFGF) et de la métalloprotéase matricielle (MMP-I), dont l’expression est induite par les UV.
C. Principales formes galéniques utilisées et posologies
1. Voie interne
Les doses préconisées traditionnellement par voie interne représentent l’équivalent de à 9 g de feuilles séchées par jour. Les formes galéniques obtenues à partir de la plante fraîche sont habituellement recommandées, mais une attention particulière sera portée à l’adaptation des doses pour les formes galéniques issues de la plante fraîche, du fait de leur grande puissance d’action. Par ailleurs, on évitera un usage prolongé de cette plante dont l’utilisation sera réservée à des états subaigus à aigus (en général, au maximum 2 semaines).
Doses indicatives pour les formes liquides
- Teinture mère : 10 à 20 gouttes, 2 à 3 fois/ jour, en augmentant les doses progressivement si besoin.
- Extrait fluide : 5 à 6 gouttes.
- Soluté intégral de plante fraiche : 1 cuillère à café/jour, diluée dans un grand verre d’eau ; parfois, la posologie peut être portée à 2 cuil1ères/jour.
- Extrait de plante standardisé : 1 à 2 cuillères à café/jour.
- Extrait fluide glycériné miellé : 1 cuillère à café dans un grand verre d’eau, 1 à 2 fois/jour.
- Extrait mou aqueux : ampoule à 2 g par ampoule (3 ampoules/jour)
- Tisane : infusion dix minutes de 10 g de feuilles par litre d’eau (ou 2 g par tasse), une tasse 3 fois/jour avant les repas.
Remarques :
Par souci de simplification, on préconise une cuillère à café rase de drogue par tasse.
Attention : cette tisane est très amère et ne pourra pas être bue par tout le monde. Le goût pourra être amélioré par l’ajout d’un peu de jus de citron ou en association avec une autre plante telle que la menthe, la mélisse, le fenouil ou l’anis.
Doses indicatives pour les formes solides
- Gélules d’extrait sec aqueux (ou nébulisat) dosées de 100 à 200 mg : 2 à 4 gélules/jour.
- Gélules de poudre de plante sèche dosées à 200 mg : 3 à 5 gélules/jour.
- Comprimé d’extrait mou dosé à 200 mg : 3 à 6 comprimés/jour.
- Microsphères : 1/2 dose/jour soit 100 mg (avec un maximum de 150 mg/jour).
2. Voie externe
Peu utilisée de nos jours.
D. Effets secondaires, contre-indications, toxicité
1. Pharmacologiquement
Toxicité. Au vu des données disponibles, aucune toxicité n’a été répertoriée pour les extraits d’Artichaut :
- DL50 d’un extrait à 46 % d’acide chlorogénique : 2 g/kg, rat, per os ;
- absence de toxicité pour la poudre totale (aiguë
3 g/kg, subaiguë 300 et 600 mg/kg/jour, rat, per os) ;
- de même l’application externe d’un extrait de feuilles d’Artichaut sur la peau de rats blancs à la dose de 1-3 g/kg pendant 21 jours n’a produit aucun effet toxique, ni aucun effet cumulatif sur tes paramètres hématologiques ou biologiques des rats. Aucune irritation n’a été enregistrée sur la peau ou les yeux, chez le cobaye.
2. Effets secondaires ct contre-indications selon l’approche clinique intégrative
Effets secondaires
- Aucun effet indésirable majeur répertorié au cours des études cliniques.
- Quelques effets mineurs et rares : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhées, crampes abdominales, diminution de l’appétit), polyurie chez les sujets sensibles (énurétiques).
- Réactions allergiques possibles chez les patients sensibles, notamment à la famille des Astéracées. > Contre-indications
Absolues :
- allergie connue à l’Artichaut et plus généralement aux Astéracées ;
- obstruction des voies biliaires ; – calculs biliaires constitués.
Relatives :
- spasmodicité des voies biliaires ;
- grossesse ;
- allaitement.
E. Précautions d’emploi
En cas d’allergie aux Astéracées, de problèmes biliaires (obstruction des voies biliaires, calculs), d’hépatite en phase évolutive.
Non recommandé lors de la grossesse, de l’allaitement et chez l’enfant de moins de 12 ans (absence de données).
Interactions : l’Artichaut (à forte dose prolongée) pourrait interférer avec les anticoagulants (dérivés de la coumarine) et diminuer ainsi leur efficacité. Ceci a été illustré dans une étude réalisée sur 62 hommes recevant 900 mg d’extrait sec contenant 0,09 % d’acides-phénols sur une durée de 1 à 2 ans, avec pour effet une diminution de l’agrégation plaquettaire.
F. Propriétés cliniques issues d’une analyse physiologique intégrative
Tropisme principal : l’Artichaut est une plante détoxiquante à activité métabolique agissant principalement sur la sphère hépatobiliaire.
Tropisme secondaire : sphère rénale.
1. Au niveau symptomatique
Sphère digestive :
- eupeptique ;
- anti-dyspeptique ;
- régulateur de l’intestin irritable ;
- détoxiquant hépatique (hépato-protecteur).
Sphère vasculaire : anti-athéroscléreux.
Autre : anti infectieux (propriété mineure).
2. Au niveau du drainage
Hépatobiliaire :
- cholérétique ;
- cholagogue ;
- amphocholérétique (totum).
Intestinal : régulateur intestinal du fait de son effet cholérétique.
Rénal : diurétique volumétrique azoturique.
3. Au niveau de la régulation neurovégétative et endocrinienne
Aucune donnée actuellement. Mais en médecine endobiogénique, il convient de tenir compte de ses effets métaboliques et de ses effets de drainage.
G. Indications en phytothérapie clinique intégrative
En phytothérapie clinique intégrative, le choix de la plante médicinale doit toujours répondre d’un raisonnement endobiogénique intégrant à la fois :
- la fonctionnalité endocrinienne de l’individu considéré dans son ensemble ;
- l’enchaînement dynamique des axes hormonaux dans leur chronologie et leur relativité respectives ;
- les raisons de la désadaptation de la réponse physiologique face aux nécessités métaboliques.
Par son impact métabolique et ses propriétés symptomatiques importantes de drainage et de détoxication, l’Artichaut a toute sa place au sein de cette approche.
1. Indications principales
per os.
Toutes les pathologies nécessitant une augmentation de la sécrétion et/ou l’excrétion hépatobiliaire :
- cholestases non obstructives, dyskinésie biliaire ;
- insuffisance hépatique, dyspepsies de surcharge alimentaire ;
- constipation ou troubles du transit (alternance diarrhées, constipation) d’origine hépatobiliaire ;
- certaines colopathies fonctionnelles ;
- certaines surcharges pondérales ;
- dans les tableaux d’intestin irritable.
En cas de nécessité de détoxication hépatique :
- suite à la prise de xénobiotiques, d’alcool ;
- hépatites virales, toxiques ou médicamenteuses en phase aiguë.
Toutes les pathologies métaboliques à composante hyperlipémiante et/ou athérogène et nécessitant un drainage hépatorénal :
- hypercholestérolémies, hyper-triglycéridémies ;
- artériosclérose, athéromatoses diverses, artérite des membres inférieurs…
Toutes les dermatoses nécessitant un drainage hépatobiliaire, notamment chez le sujet pléthorique.
2. Indications secondaires
- Cure ponctuelle de drainage chez le sujet pléthorique.
- Cure ponctuelle de drainage chez la femme cellulitique infiltrée.
Pour en savoir +
Pour accéder à des informations plus détaillées et aux références bibliographiques qui permettent d’étayer les éléments présentées dans cet article, consultez le livre « Plantes médicinales », édité par Lavoisier TEC&DOC.
Plusieurs formateurs de l’Institut d’endobiogénie ont contribué à sa rédaction.